Femmes du monde

20 mai 2019 § Poster un commentaire

Le récital « Femmes du Monde » : dix œuvres courtes composées au cours des 40 dernières années par des compositrices de différentes générations et différentes origines : certaines d’entre elles sont déjà connues internationalement – Kaija Saariaho, Elzbieta Sikora ou Chaya Czernowin ; d’autres sont des étoiles montantes – l’autrichienne Olga Neuwirth, qui m’a autorisée à transcrire pour violon sa pièce pour alto solo ; ou encore de jeunes compositrices démarrant leur carrière, telle que la jeune iranienne Farnaz Modarresifar, qui est également virtuose du santour. Quatre d’entre elles ont composé spécifiquement pour ce programme.  Les œuvres sont introduites en quelques mots au cours du concert.

OLGA NEUWIRTH (Autriche), Weariness heals wounds I (2017)
CHAYA CZERNOWIN (Israël), Pour violon solo (1981)
KETTY NEZ (USA), Fiddler’s songs (2018)
FARNAZ MODARRESIFAR (Iran), Le soleil, seulement le soleil (2018)
CLARA IANNOTTA (Italie), Dead wasps in the jam-jar (2014-2015)

ZOSHA DI CASTRI (Canada), Patina (2018)
KAIJA SAARIAHO (Finlande), Nocturne (1994)
SOFIA MARTINEZ (Espagne), Meditacion azul (2018)HILDA PAREDES (Mexico), Permutaciones (1985)
ELZBIETA SIKORA (Poland), Solo (1983)

Mon objectif en concevant ce programme était tout sauf de nature politique. Je dois dire en préambule que j’ai commencé à travailler à ce programme fin 2016, plus d’un an avant #metoo et tout ce qu’il a impliqué pour le mouvement féministe.

Tout a commencé par une conversation avec un ami compositeur. Je lui disais combien j’aime les premières semaines passées à assimiler une œuvre nouvelle, lorsque je suis seule avec l’œuvre : une sorte de « tête à tête » au cours duquel j’essaie d’imaginer qui est la personne qui se tient derrière l’œuvre. Quelle sorte de personnalité il/elle a, ses qualités, ses peurs, ce qui lui tient à cœur, ses faiblesses, ses incertitudes etc. A ce moment précis, cela m’est complètement indifférent de savoir si le compositeur est vivant ou disparu : j’ai l’impression que j’ai avec lui/elle une de ces « conversations de minuit » qui se tiennent avec un verre de bon vin rouge, assis dans une cuisine, où l’on évoque la vie en général… Je lui disais combien il est incroyable de pouvoir découvrir une personne rien que par la musique elle-même, si l’on y consacre assez de temps et assez d’attention.

Ce moment est extrêmement important pour moi, car c’est là que je fais appel à mes résonances intérieures afin de devenir le meilleur défenseur de l’œuvre.

Je lui disais que cela pourrait être encore plus intéressant de ne pas connaître l’identité du compositeur. Ainsi il n’y aurait aucun biais ! Je me demandais s’il serait alors possible de deviner son âge, sa nationalité, son genre ? C’est ainsi que nous en sommes arrivés à aborder la question des femmes compositrices : à quelques exceptions, ceci est un concept moderne. Il est surprenant de penser que, dans l’histoire, nous savons nommer des femmes écrivaines, peintres, sculptrices (bien qu’il leur ait parfois été difficile d’être prises au sérieux ou tout simplement d’être reconnues), mais très peu de femmes compositrices. La majeure partie de ce que nous écoutons et qui a été composé par des femmes date des années 60/70. Pourquoi ?

Voilà comment tout ceci a commencé. Aucune intention politique. Juste de la curiosité.

Depuis ce jour, je dispose de quelques réponses à ces questions. Nous en parlerons volontiers après le concert si vous le souhaitez !

Alexandra Greffin-Klein

alexgreffinklein

 

 

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